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Surveillance de la grossesse Version imprimable Suggérer par mail
Modifié le : 17-04-2008
La grossesse n'est pas une maladie. Les consultations prénatales ont un but de dépistage :

  • pour constater la normalité, dans la très grande majorité des cas.
  • pour ne pas passer à coté d'états ou de risques pathologiques qu'on peut prévenir ou traiter.
  • pour détecter d'éventuelles anomalies, congénitales.

En France la surveillance de la grossesse impose 7 consultations prénatales : une par mois à partir du 3e mois.

La première consultation doit avoir lieu avant 14 semaines de grossesse, c'est à dire 3 mois :

  • "Pour confirmer la grossesse", soit par simple examen gynécologique soit, éventuellement par tests de grossesse ou échographie.
  • "Pour la déclarer" (déclaration de grossesse d'un point de vue administratif), ce qui déclenchera la délivrance de documents pour la Caisse de Sécurité sociale et pour la Caisse d’allocations familiales. et une prise en charge à 100% des frais du suivi et de l'accouchement.
  • "Pour évaluer la date de conception", donc du terme d'après la date des dernières règles et la durée habituelle des cycles.
  • "Pour identifier les éventuels facteurs de risques" (selon l'âge, l'origine, les antécédents, le mode de vie etc.).
        • "Pour prescrire les examens biologiques" :
          - obligatoires, groupe sanguin Rhésus et recherche d'agglutinines irrégulières, sérologie de toxoplasmose, rubéole, syphilis, albumine et sucre dans les urines.)
          - ou recommandés selon les cas (V.I.H., hépatite C, Cyto-mégalo-virus, diabète, infection urinaire, frottis etc.).
        • Enfin pour donner à la consultante des conseils appropriés (nutrition, hygiène, sports, sexualité...).
La première échographie sera pratiquée entre 11 et 13 semaines + 6 jours  (semaines d'aménorrhée) : c'est une échographie très importante en cours de grossesse. Cet examen porte sur les points suivants :

  • Vitalité de l'embryon : activité cardiaque (visible dès 6 semaines d'aménorrhée) ; activité cardiaque visible dès 6 semaines d'aménorrhée, et y a t'il des jumeaux ?
  • datation de la grossesse par mesure de la longueur de l’embryon afin d'estimer à plus ou moins 3 jours la date de début de la grossesse, (notamment  si la femme ne se rappelle pas la date de ses dernières règles, a des règles irrégulières, ou si elle a des doutes concernant la paternité). On peut préciser au plus tôt la date de conception à plus ou moins 2 ou 3 jours à partir de 3 semaines et demi à 4 semaines de grossesse, c'est à dire 5 et demi à 6 d'aménorrhée.
  • examen des principaux organes (crâne, colonne vertébrale, cœur / abdomen, reins et vessie).
  • déterminer la longueur du col de l'utérus,
  • dépistage d'une éventuelle grossesse extra-utérine ;
  • premier dépistage de la trisomie 21 (mongolisme) en recherchant s'il existe une épaisseur anormale en arrière de la nuque (la "clarté nucale"), examen qui sera combiné avec des dosages biologiques sanguins.

Viennent, ensuite les examens médicaux mensuels avec les particularités suivantes :

  • Eventuel test de dépistage du diabète gestationnel
  • Chez les femmes non immunisées contre la toxoplasmose, la sérologie sera mensuelle à partir du premier examen.
  • Au 6e mois dépistage de l'hépatite B, dépistage d'une anémie éventuelle, recherche d'anticorps irréguliers.
  • Au 8ème et 9ème mois, une seconde détermination du groupe sanguin, Rhésus et agglutines irrégulières.
  • Au 9e mois au plus tard, prélèvement vaginal pour dépister le Streptocoque B (pour traitement antibiotique prophylactique éventuel au moment de la naissance)  plus  proposition d'entraînement à l'accouchement sans crainte et informations diverses notamment concernant  l'anesthésie péridurale.

Les marqueurs sériques :

  • Entre 14 et 17 semaines + 6 jours d'aménorrhée, on dose dans le sang «des marqueurs sériques» maternels classiques (H.T. 21), pour évaluer un risque de trisomie 21 : on combine ce chiffre statistique de risque avec le résultat de la mesure de la clarté nucale du premier trimestre, ce qui aboutit à une évaluation de risque qui peut être égal, supérieur ou inférieur au risque que supporte naturellement toute femme à partir de 38 ans = 1/250.
  • Bien comprendre que cet examen n'est pas un diagnostic de trisomie, mais un calcul statistique de pourcentage de risque: par exemple si la réponse est 1/200, cela signifie que 199 femmes auront un enfant normal et 1 un enfant trisomique.
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    • AMNIOCENTESE :

      En effet, vers 38 ans, le risque de trisomie qui augmente régulièrement avec l'âge est d'environ = "1/250". On estime que c'est suffisant pour "proposer "une amniocentèse (qui n'est pas obligatoire), afin de dépister cette anomalie génétique.

      Simple ponction du liquide amniotique pratiquée vers 3 mois et demi ou 4 mois de grossesse et nécessitant ensuite un délai de réponse d'une dizaine de jours, cet examen  comporte un danger à considérer : 0,5% de fausses couches. Son résultat est indiscutable pour ce qui est des anomalies génétiques.

      Prise en charge par la Sécurité Sociale :

      à partir de 38 ans,
      si on a trouvé une anomalie à l’échographie,
      si les marqueurs précités ont montré un risque supérieur à 1/250  pour une femme de moins de 38 ans,
      s’il existe des antécédents familiaux d’anomalies chromosomiques .

      Remarques

    • On estime qu’on pratique actuellement trop d’amniocentèses en France de sorte que les fausses couches accidentelles du fait de cet examen  seraient  plus fréquentes que les découvertes d’anomalies échographies parfois mineures  qui l’ont motivé : en conséquence, la Haute Autorité de Santé recommande la combinaison de la mesure nucale et des marqueurs sériques tous deux effectués au 3è mois, c'est-à-dire au premier trimestre de la grossesse (et non pas au 2è trimestre comme précité) : si le résultat est rassurant  (comparé à la femme de plus de 38 ans), il ne serait, alors, plus justifié de proposer une amniocentèse.
      Si la femme n'a pu bénéficier de cette première évaluation de risque du premier trimestre, la H.A.S. recommande l'évaluation classique précité HT 21 (à combiner avec l'épaisseur de la nuque).

      En cas d’anomalie chromosomique détectée par l’amniocentèse, la femme, (toujours libre de ses décisions), peut demander une "interruption médicale de grossesse", alors même que les délais légaux pour une IVG sont largement dépassés.
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    • On déplore cette « chasse systématique » aux trisomiques  alors qu’ il existe  tous les degrés entre les trisomiques légers, moyennement ou sévèrement atteints , les familles s’y attachent  et  certaines associations  les adoptent . ..
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    • Un consensus s'est fait sur l'intérêt de 3 échographies en cours de grossesse (mais à une fréquence bien supérieure si nécessaire en cas de problèmes).

      Première échographie : voir supra.

      Deuxième échographie entre 20 et 25 semaines d'aménorrhée : C'est l'échographie morphologique d'intérêt capital au cours de laquelle tous les organes sont explorés minutieusement :
    • pour dépistage d'anomalie : chaque organe est exploré et mesuré
    • pour vérifier la vitalité, le bon développement du fœtus et la quantité de liquide amniotique (taille en fonction de l'âge gestationnel).
    • pour préciser où se trouve inséré le placenta.
    • rechercher si on découvre telle ou telle anomalie qui aurait échappé au premier examen.
    On la complète, éventuellement, par un examen DOPPLER (circulation foeto-placentaire) si: hypertension, retard de croissance du fœtus, ou encore antécédent de ce type.

    La troisième échographie au 8e mois (32 à 34 semaines d'aménorrhée) confirme ou infirme les précédentes  (avec plus de précisions concernant l'examen cardiaque, le cerveau, l'appareil digestif, urinaire, etc...) mais, aussi, indique la "présentation", la localisation du placenta par rapport au col, la quantité de liquide amniotique et la taille de la tête de l'enfant par rapport à celle du bassin afin d'éviter d'éventuels problèmes au moment de l'accouchement (dystocies).

REMARQUES  pour conclure :
D'une part, la fiabilité des examens échographiques dans la recherche des malformations fœtales n'est pas totale : on ne peut jamais tout voir.
D'autre part, certains spécialistes, afin d'éviter un reproche ou un procès ultérieur reproche ultérieur, peuvent être amenés à signaler de façon un peu abusive tout détail qui les étonne, ce qui malheureusement inquiète la femme, voire l'obsède.

Parallèlement les exigences de la femme tendent à augmenter : elle veut qu'on lui affirme que l'embryon est "parfait »  ce qu'il n'est jamais possible d'affirmer en obstétrique  malgré les moyens modernes de plus en plus sophistiqués.