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Techniques et risques Version imprimable Suggérer par mail
Modifié le : 29-02-2008
A) I.V.G. CHIRURGICALE

1ère CONSULATION : Jour 0, demande d'une I.V.G.

  • Demande d'une I.V.G.
  • Confirmation de la grossesse
  • Appréciation de l'âge de la grossesse (échographie) de moins de 14 semaines d'aménorrhée (c'est-à-dire compté depuis le 1er jour des dernières règles)
  • Prescription d'un délai légal d'une semaine de réflexion pour la patiente, ce délai pouvant être raccourci si les délais d'I.V.G. risquaient d'être dépassés
  • Incitation : avoir un entretien avec une conseillère conjugale

HOSPITALISATION : Jour 7, Hospitalisation en hôpital ou clinique d'une durée généralement inférieure à 12 heures.

1 - Il faut habituellement une anesthésie générale qui comporte un risque très rare mais pouvant être sévère de nécessité de réanimation : ceci est commun à toutes les anesthésies générales. Mais on peut, également, pratiquer une IVG sous anesthésie loco-régionale doublée d'une pré-médication (ceci en tout début de grossesse et avec résultats moins satisfaisants).

2 - Risques immédiats : l'intervention (aspiration simple ou idem complétée par curetage) comporte certains risques, qu'il convient d'assumer :

  • Hémorragie pendant ou après l'opération
  • Expulsion incomplète de l'embryon entraînant la nécessité de ré-opérer
  • Infection avec petite fièvre dans les jours qui suivent
  • Perforation utérine (rare)
  • Accolement partiel de 2 parois utérines (synéchie)
Ils ne dépassent pas 2 ou 3% de l'ensemble des complications possibles

3 - Risques à long terme : les risques médicaux, entre autre :

  • La dilatation rapide du col de l'utérus, nécessaire en cas de grossesse de plus de 4 à 6 semaines, pour introduire le tube aspirateur ou la curette donne un risque de fragilité du col pouvant être la cause d'une fausse couche ou d'un accouchement prématuré lors d'une grossesse ultérieure. C'est pourquoi il faut signaler au médecin qu'on a déjà eu un ou plusieurs avortements auparavant.
  • L'opération, par l'inflammation qu'elle provoque, surtout s'il y a une infection associée (beaucoup de femmes ont des petites infections génitales chroniques), peut obturer les trompes, entraînant un risque de stérilité : ce risque va de 0.5% à un pourcentage beaucoup plus important suivant qu'on a eu 1 ou plusieurs avortements, ainsi qu'un risque rare de grossesse extra-utérine.  
4 - Surtout l'avortement est psychologiquement pénible pour la femme

Il entraîne après l'opération : fatigue, tristesse, pessimisme, diminution de l'élan vital ou même dépression. Cela peut être souvent de courte, mais parfois de longue durée. Si une femme décide d'avorter, son inconscient ne tient souvent pas compte des raisons ayant entraîné cette détermination et exprime sa souffrance (" on m'a enlevée une substance de moi-même "). Ceci constitue le risque le plus fréquent et le plus tenace, pouvant nécessiter une psychothérapie.

B) I.V.G. MEDICALE PAR PILULE ABORTIVE

1) Elle peut avoir lieu en hôpital ou en clinique.

- 1ère CONSULTATION : Jour 0

Demande d'une I.V.G. cf. supra idem que 1ère consultation pour I.V.G. chirurgicale.

- 2ème CONSULTATION : Jour 7

Après avoir pris connaissance d'un document qui explique qu'en cas d'échec de la méthode ou d'expulsion incomplète de l'embryon, on devra avoir recours à un avortement chirurgical (2 à 5% des cas environ), on prend les comprimés devant un témoin.

- 3ème CONSULTATION : Jour 9

Ensuite, 36 à 48 heures plus tard, la pilule ayant arrêté l'évolution de la grossesse, la femme retourne au même service des I.V.G. pour administration d'un analogue des PROSTAGLANDINES qui déclenche l'expulsion de l'embryon comme une fausse couche avec des contractions utérines et pertes de sang pendant 3 à 6 heures. Dans 80% des cas l'expulsion a lieu au centre; dans 20% des cas environ, elle se produit après le retour au domicile, rarement elle a eu lieu avant la séance d'expulsion.

- 4ème CONSULTATION : dans les 10 jours suivants

Contrôle d'efficacité : Il faut vérifier, par prise de sang ou échographie, que l'embryon a bien été expulsé et qu'il ne reste pas de résidus tissulaires.

Risques

L'I.V.G. par cette méthode précoce ne pouvant être effectuée qu'avant la fin des 5 premières semaines de grossesse, (c'est-à-dire dès 7 semaines d'aménorrhée), a l'avantage d'éliminer les risques chirurgicaux parce qu'on n'introduit rien dans l'utérus, par contre elle aggrave le vécu psychologique : il faut venir 4 fois, c'est la femme qui s'avorte elle-même, il y a des échecs ou des ennuis (4%).
Elle est à éviter pour les femmes qui, à la fois, ont plus de 35 ans et fument notablement depuis plus de 2 ans. Outre les risques d'échecs précités, savoir qu'elle entraîne l'éventualité de petites hémorragies pendant ou après l'expulsion, généralement résolutives spontanément mais pouvant être persistantes et imposant de ne pas s'éloigner du milieu médical compétent pendant une dizaine de jours.

2) Elle peut avoir lieu au domicile de la personne.

Ceci est rendu possible depuis le décret du 1° juillet 2004 "relatif aux conditions de réalisation des interruptions volontaires de grossesse hors Etablissements de santé ". La méthode médicamenteuse d'interruption de grossesse à domicile comporte 4 consultations obligatoires chez le médecin de ville habilité à réaliser cet acte :

- 1ère CONSULTATION : Jour O

Demande d'une I.V.G.

  • Demande d'une interruption volontaire de grossesse
  • Confirmation de la grossesse

  • Appréciation de l'âge de la grossesse (échographie et/ ou HCG), moins de 50 jours d'aménorrhée (c'est-à-dire comptés depuis le 1er jour des dernières règles), pour le jour de la prise des comprimés de MIFEGYNE (Exclusion d'une grossesse extra-utérine).
  • Entretien avec la patiente avec explication de la méthode et de ses contre-indications
  • Remise d'une Feuille d'information destinée aux patientes
  • Prescription du délai légal d'une semaine de réflexion pour la patiente ; ce temps pouvant être raccourci si les délais risquent d'être dépassés
  • Incitation à avoir un entretien avec une conseillère(er) conjugale

- 2ème CONSULTATION : Jour 7

Prise de Mifegyne

  • Signature d'un " Formulaire de consentement "
  • Prise des 3 comprimés de Mifegyne par voie orale (en présence du médecin)
  • Indication à la patiente des coordonnées - adresse + numéro de téléphone de l'établissement de santé (Hôpital ou Clinique) - avec lequel le médecin a signé une convention. Elle pourra téléphoner, ou bien s'y rendre 24 heures sur 24 en cas de nécessité (notamment fièvre, hémorragies, douleurs violentes)

- 3ème CONSULTATION : Jour 9

Prise du Misoprostol

  • Prise des 2 comprimés de misoprostol en présence du médecin
  • Prescription éventuelle d’un anti-douleur
  • Prescription éventuelle d'une contraception

- 4ème CONSULTATION : Jour 21-28

Contrôle

  • Contrôle de l'expulsion du sac ovulaire et de l'évacuation totale des débris à l'intérieur de l'utérus (échographie et/ ou HCG)
  • En cas d'échec, orientation immédiate de la patiente vers l'établissement de santé avec lequel le médecin a signé une convention, afin qu'une aspiration du contenu utérin soit faite dans les plus brefs délais. Dans le cas où, la personne, après avoir pris MIFEGYNE, change d'avis et voudrait maintenir la grossesse : Si l'embryon a survécu, il n'y a pas plus d'anomalie à craindre que dans la population générale, cependant, il faudra faire une surveillance échographique rapprochée.

C) PRIX DES DIFFERENTES SORTES D'I.V.G.

Forfait pour I.V.G. chirurgicale :

  • sans anesthésie générale, hospitalisation de moins de 12 heures = 190,38 €
  • avec anesthésie générale, hospitalisation de moins de 12 heures = 238,38 €

Remboursement par la Sécurité sociale = 80%.

Forfait pour I.V.G. médicale :

  • en Clinique ou Hôpital = 257,91 €
  • par un médecin en ville = 194,74 €
Remboursement par la Sécurité sociale = 70%.